Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation juridique. Consultez un avocat spécialisé en droit du travail international ou un expert-comptable pour toute décision engageante.
Thomas m’a appelé un lundi matin, paniqué. Développeur senior, il venait d’accepter une offre alléchante d’une startup américaine. Salaire en dollars, full remote depuis Montpellier. Le rêve. Sauf qu’après trois mois, sa CPAM lui réclamait des justificatifs, les impôts l’interrogeaient sur sa résidence fiscale, et sa retraite française était suspendue. Personne ne l’avait prévenu. Cette histoire, je la croise plusieurs fois par mois dans mon activité de recrutement international. Et franchement, elle est évitable.
- Privilégiez les entreprises avec entité européenne ou passez par le portage salarial
- La règle des 183 jours détermine votre résidence fiscale française
- Un profil LinkedIn en anglais multiplie votre visibilité internationale
- Comptez 60 à 90 jours entre candidature et signature
Télétravail international : ce que ça change vraiment pour votre carrière
Soyons clairs : le télétravail international n’a rien à voir avec le télétravail classique que vous pratiquez peut-être déjà. Ce n’est pas juste « travailler de chez soi pour une boîte parisienne ». C’est un changement de paradigme complet : contrat potentiellement sous droit étranger, protection sociale à sécuriser, fiscalité à anticiper. Et pourtant, les opportunités explosent.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le baromètre 2025 du télétravail, 63,6 % des Français ont télétravaillé au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Ce qui change, c’est que les frontières s’effacent. Les entreprises américaines, britanniques ou allemandes recrutent désormais activement des talents français sans exiger de déménagement. Si vous cherchez des offres concrètes dans cette veine, des cabinets spécialisés comme recrutement-phenicia.fr concentrent justement ces mandats internationaux.
Affirmation : Le télétravail international, c’est réservé aux développeurs
Réalité : D’après l’étude DARES 2025, le télétravail touche 63 % des cadres tous secteurs confondus. Les postes en finance, marketing digital, gestion de projet ou support client sont désormais éligibles au remote international.
L’erreur la plus fréquente que je constate chez les candidats ? Croire que le salaire américain ou suisse règle tout. Ça tourne autour de 30 à 50 % de plus qu’en France, parfois davantage. Mais sans structure juridique adaptée, vous risquez de perdre vos droits sociaux français. J’y reviendrai.
Les 5 étapes pour décrocher un poste remote avec une entreprise étrangère

Voici la séquence que je recommande systématiquement aux profils que j’accompagne. Elle n’est pas exhaustive, mais elle couvre l’essentiel.
Cibler les bons canaux de recrutement international
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Plateformes spécialisées remote
Concentrez-vous sur Remote.co, We Work Remotely ou FlexJobs. Les job boards généralistes noient les offres internationales.
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Cabinets de chasse internationale
Les chasseurs de têtes spécialisés travaillent sur des mandats exclusifs non publiés. C’est souvent là que se trouvent les meilleures opportunités.
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LinkedIn en mode actif
Activez le badge « Open to Work » avec filtre remote. Publiez régulièrement en anglais sur vos sujets d’expertise.
Adapter votre profil aux attentes des recruteurs anglo-saxons
Ce que les recruteurs internationaux regardent vraiment n’a rien à voir avec ce qu’attendent les DRH français. Ils veulent des résultats chiffrés, pas des listes de responsabilités. « J’ai managé une équipe de 5 personnes » ne suffit pas. Préférez : « J’ai augmenté la vélocité de l’équipe de 40 % en 6 mois ».
La formation continue peut faire la différence face à des candidats natifs anglophones. C’est d’ailleurs un atout de la formation pour votre carrière que beaucoup sous-estiment dans un contexte international.
Sécuriser le contrat et le cadre juridique
Je me souviens d’un développeur fullstack de 34 ans que j’ai accompagné l’an dernier. Offre alléchante d’une startup US, salaire en dollars. Problème : contrat « contractor » sans aucune protection. On a finalement réorienté vers une entreprise avec filiale française. Moralité : vérifiez toujours le type de contrat avant de signer.
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Candidature ciblée envoyée -
Premier entretien visio -
Tests techniques et entretiens multiples -
Offre et négociation -
Vérification contrat et démarches administratives
Avant d’accepter l’offre : 8 points à vérifier
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Type de contrat (salarié, contractor, portage)
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Droit applicable au contrat
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Maintien de la protection sociale française
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Conventions fiscales entre la France et le pays employeur
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Clause de décalage horaire et disponibilité attendue
Les 3 pièges fiscaux et sociaux à éviter absolument
Attention : Accepter un contrat avec une entreprise étrangère sans vérifier le maintien de votre protection sociale française peut vous coûter des trimestres de retraite. Dans mon accompagnement de candidats, c’est l’erreur la plus fréquente que je constate.

Premier piège : la règle des 183 jours. Selon Service-Public.fr, « avoir exercé une activité pendant plus de 183 jours au cours d’une période de 12 mois consécutifs » détermine votre résidence fiscale. Restez en France plus de 183 jours par an, et vous restez imposable ici sur vos revenus mondiaux. Partez davantage, et tout change.
Deuxième piège : l’affiliation sociale. D’après les données du CLEISS, vous restez affilié au régime français si vous y exercez « au moins 25 % du temps de travail ». En dessous, vous basculez potentiellement vers le régime de l’État employeur. Le document A1 atteste de votre affiliation : demandez-le systématiquement.
Troisième piège : le statut « contractor ». Les entreprises américaines adorent ce montage : pas de charges employeur, zéro protection pour vous. Si vous acceptez ce statut sans structure française (portage ou micro-entreprise), vous êtes seul face à l’URSSAF.
| Statut | Protection sociale FR | Complexité administrative | Risque fiscal |
|---|---|---|---|
| Salarié filiale FR | Maintenue intégralement | Faible | Faible |
| Contractor US | Aucune par défaut | Moyenne | Élevé |
| Portage salarial | Maintenue (CDI ou CDD) | Moyenne | Faible |
| Freelance micro-entreprise | Régime indépendant | Élevée | Moyen |
Je recommande toujours de privilégier les entreprises avec entité juridique en France ou en Europe. Si ce n’est pas possible, le portage salarial reste la meilleure alternative pour conserver vos droits. Cette liste n’est pas complète : d’autres montages existent (EOR, détachement), mais ils nécessitent une analyse au cas par cas avec un expert.
Vos questions sur le télétravail international
Puis-je travailler pour une entreprise américaine tout en restant en France ?
Oui, c’est légal. Mais le cadre contractuel fait toute la différence. Soit l’entreprise dispose d’une filiale européenne qui vous embauche, soit vous passez par le portage salarial, soit vous optez pour le statut de freelance. Chaque option a des implications fiscales et sociales distinctes.
Comment conserver ma retraite française en télétravail international ?
Restez affilié au régime français via un contrat de travail français (filiale ou portage). Si vous êtes contractor sans structure, vous ne cotisez pas automatiquement à la retraite française. Vérifiez ce point avant de signer quoi que ce soit.
Le décalage horaire pose-t-il problème aux recruteurs ?
Ça dépend du poste. Pour les entreprises américaines, le fuseau européen est souvent un atout : vous couvrez la matinée US en fin de journée française. Les postes asynchrones (développement, rédaction, design) tolèrent bien le décalage. Les postes clients-facing peuvent être plus exigeants.
Quelles compétences valoriser pour le recrutement international ?
L’anglais professionnel est indispensable, mais pas suffisant. Les recruteurs internationaux recherchent l’autonomie, la communication asynchrone maîtrisée et les résultats mesurables. L’acquisition de compétences pour votre carrière peut faire la différence face aux candidats natifs.
La prochaine étape pour vous
Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est celle-ci : le télétravail international n’est pas plus compliqué qu’un changement d’entreprise classique, à condition d’anticiper le volet juridique avant de signer. Vérifiez le type de contrat, confirmez le maintien de votre protection sociale, clarifiez votre situation fiscale.
Plutôt que de foncer sur la première offre attractive, posez-vous cette question : ai-je identifié le bon canal de recrutement pour mon profil ? Les mandats confidentiels des chasseurs de têtes internationaux offrent souvent de meilleures conditions que les offres publiques. C’est par là que commencent la plupart des carrières remote réussies.
